Chez les enfants diagnostiqués avec les troubles du spectre autistique, dit TSA, les prédispositions pour le contact humain et l’interaction, notamment par le regard ou la parole, sont très réduites. Les chercheurs aux Etats-Unis explorent pourquoi les enfants autistes évitent le contact visuel. Les études qu’ils ont mené révèlent une sur-activation, qui peut-être douloureuse, des structures du cerveau en réponse au regard direct.
La difficulté à regarder les autres personnes dans les yeux est l’un des signes diagnostiques des TSA. La technique dite » Eye-tracking » permet aux spécialistes d’identifier, dès 6 mois, les nourrissons à risque élevé d’autisme. Cette difficulté visuelle est interprétée comme un signe d’indifférence personnelle et sociale. Certains autistes déclarent que le fait de regarder les autres personnes droit dans les yeux est désagréable, stressant et, parfois, décrivent une sensation de brûlure. Ces plaintes suggèrent une cause neurologique, que les chercheurs américains veulent identifier. L’équipe des chercheurs met en lumière les mécanismes du cerveau d’un enfant autiste impliqués dans ce comportement.
Contrairement aux idées reçues, les résultats des recherchent montrent que le manque d’interaction visuelle chez les personnes autistes n’est pas associé à une manque d’intérêt, comme explique l’auteur principal de l’étude, le Dr Nouchine Hadjikhani. Il explique que les résultats montre que ce comportement chez un enfant autiste n’est qu’un moyen pour limiter une excitation excessive, désagréable, voire douloureuse, qui est le résultat d’une sur-activation d’une zone bien déterminée au niveau du cerveau. Les chercheurs ont mesuré les différences d’activation du système subcortical des personnes autistes, et l’ont comparé avec celles des témoins. Ils ont constaté que l’activation des zones subcorticales est similaire pour les deux, en cas d’une visualisation libre, alors qu’une sur-activation est observée chez les personnes autistes contraints de fixer la région oculaire. Ce constat est marqué par des visages effrayants, mais des effets similaires ont été observés par les chercheurs lors de la visualisation de visages heureux, en colère, ou neutres.
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Les chercheurs ont repris l’hypothèse du déséquilibre entre le système excitateur (c’est-à-dire les neurotransmetteurs qui stimulent le cerveau de l’enfant) , et inhibiteur (ceux qui apaisent et régulent). L’équipe des chercheurs évoque différentes causes génétiques et environnementales à même de renforcer la signalisation excitatrice dans les circuits sous-corticaux impliqués dans la perception du visage, et qui entrainent une réaction anormale au contact des yeux de l’enfant, une aversion au regard direct et, par la suite, un développement anormal du cerveau social.
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La clé dans le système subcortical du cerveau, observée chez les nouveau-nés est très importante pour la perception de l’émotion. En révélant ce mécanisme, l’étude menée par l’équipe suggère une nouvelle solution thérapeutique pour rétablir le contact visuel de l’enfant autiste. C’est une approche innovante qui implique une habituation lente au contact avec les yeux, et permet, étape par étape, aux enfants autistes, de surmonter cette réaction excessive et de parvenir à mieux gérer le contact visuel à long terme, afin de développer un meilleur développement du cerveau social chez l’enfant.
